Stage « plantes sauvages comestibles et cuisine », rubrique « J’ai testé pour vous ».

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Il y a quelques jours, j’ai pu assister (merci à Caroline et Isabelle) à un stage intitulé « Plantes sauvages comestibles : mode d’emploi« , qui se déroulait en plein coeur de Lyon. Ce stage était organisé par l’APMH (Association pour la Promotion de la Médecine Homéopathique).

deco-1J’arrive devant la propriété d’Isabelle, présidente de l’APMH, notre hôtesse ce jour-là. Sur cette colline occupée en majorité par des établissements d’enseignement privés, se trouve la demeure d’Isabelle entourée d’un jardin à flanc de colline d’environ 2000m2. Les premières à arriver sont des récidivistes qui ont déjà assisté à la première session en ces lieux, il y a quelques mois. Nous serons un peu plus d’une douzaine en tout, dont deux messieurs.

noisettes-entieres

Isabelle vient nous chercher à la grille, souriante et chaleureuse. Nous nous retrouvons sur la terrasse en attendant que le groupe soit au complet.

terrasse

Une fois tout le monde arrivé,  nous entrons immédiatement dans le vif du sujet. C’est Caroline « Calendula », membre du collectif créé en 2012,  L’Aventure au Coin du bois, dont les protagonistes (au nombre de 7) se définissent comme des « auteurs-cueilleurs » (ethno-botaniste pour certains) qui nous entraîne dans les espaces verts et les sous-bois autour de la maison.

La démarche se veut pédagogique : Caroline nous demande de repérer des plantes que nous reconnaissons et d’en cueillir un exemplaire. Ensuite, Caroline réunit tout le groupe et demande à chacun de présenter une des plantes récoltées et d’emmener le groupe à l’endroit de la cueillette. Caroline nous guide : « froissez la feuille entre vos doigts, à quoi cela vous fait-il penser? quelqu’un peut donner le nom de cette plante, etc… »?

S’ensuit alors quelques mots sur ladite plante : son nom commun, son nom latin, ses caractéristiques (position des feuilles sur la tige, forme des feuilles, odeur…), ses vertus gustatives, médicinales, les plantes avec lesquelles elle ne doit pas être confondue etc…Très instructif..

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C’est ainsi que nous commençons par le lierre terrestre (Glechoma hederacea ), à ne pas confondre avec le lierre grimpant qui lui, est toxique.

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Lorsqu’on froisse ses feuilles entre les doigts, se dégage une odeur forte, entre menthe et citronnelle, une odeur terreuse aussi. La feuille se compose du limbe et d’un long pétiole (à ne pas confondre avec la tige). Le limbe a la forme d’un coeur (ou d’un rein) et un bord crénelé.

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Les feuilles sont disposées par deux, l’une en face de l’autre. Cette plante fait partie des lamiacées, au même titre que le thym, romarin, sauge, basilic, lavande, toutes plantes aromatiques et toutes comestibles. On peut manger les fleurs, les feuilles, les tiges, en parfumer les boissons. On peut l’utiliser en dessert, c’est une merveille parait-il,  associé à du lait d’amande dans une crème pâtissière par exemple. Le lierre terrestre pousse souvent au même endroit que la violette.

Après le lierre terrestre, ce sera, sur le même mode d’investigation et de découverte, le tour de l’oseille (rumex acetosa)

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du pourpier (portulaca oleracea)

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de l’oxalis (oxalis corniculata)

oxalis

des plantains (plantago spp.)

plantain

de l’ortie (urtica dioica)

ortieOutre ces plantes sauvages, Caroline nous montre quelques plantes cultivées :  la consoude (symphytum officinale) ,

consoudela sauge officinale (salvia offcinalis)

saugeet nous parle de deux arbres : l’if (taxus baccata) , l’une des plantes les plus toxiques, qu’elle nous apprend à reconnaître

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et un tilleul (tilia sp.), l’un des arbres préférés de Caroline, qui nous explique que tout se mange dans le tilleul et ce, toute l’année :

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les feuilles en salade au printemps, en juin, on fait sécher les feuilles et on les réduit en poudre, on obtient une farine très très nutritive.

farine-feuilles-tilleul-1Tout le monde connaît les fleurs de tilleul, à utiliser avec parcimonie et à ne pas laisser infuser trop longtemps, au risque de se retrouver avec une tisane trop excitante. A l’automne, on récolte les bourgeons, un véritable concentré de la plante. Sans oublier la sève qui peut se boire.

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Bien évidemment, nous récoltons la plupart de ces plantes car nous allons cuisiner avec. Il est environ 16h et nous nous redirigeons vers la terrasse.

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Sur la table sont disposés par îlots, des ingrédients, des plats, planches à découper et la recette.

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Nous nous répartissons par groupe de 2 ou 3 et nous mettons au travail. On rince,  on hache une partie du fruit de notre récolte selon la recette,

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on prépare des noisettes

noisettes

qui seront torréfiées puis mixées.

dsc_0071 On mélange les ingrédients, ici farine de tilleul, farine de riz, beurre, sucre et oeufs.

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Tout le monde s’affaire dans une ambiance détendue. Caroline passe de table en table, jamais avare de conseils ou d’explications.

Alors que les tomates, les biscuits, le crumble sont au four, Caroline nous parle encore des précautions à prendre lors de nos cueillettes et nous présente l’ouvrage dont elle est co-auteure :

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Il s’agit du petit traité Rustica des plantes sauvages comestibles

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Caroline nous parle aussi des publications du collectif L’aventure au coin du bois :  les Cahiers pratiques et sauvages

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ainsi qu’une nouvelle collection Premières cueillettes dans laquelle on trouve des « recettes sauvages faciles à préparer et sans gluten ». Le premier opus s’intéresse à l’ortie, le suivant portera sur le cynorrhodon ou cynorhodon (on trouve les deux orthographes)

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Puis ce sera le moment de passer à table.

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Au menu, un apéritif maison fait à l’extracteur de jus composé de pommes,  courgettes, gingembre, lierre terrestre puis en entrée un pesto plantain/orties et un guacamole de plantain. Délicieux.

pesto-ortie-et-guacamoleS’ensuivent une salade de betteraves aux plantes aromatiques,

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des tomates farcies au pourpier

tomates-farcies-4et une farandole de desserts : biscuits au tilleul et rochers aux amandes et reine-des-près (ma préférence car j’ai trouvé une petite amertume aux biscuits au tilleul)

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puis un crumble de pommes à la sauge et au tilleul. De belles associations gustatives.

crumble-pommes-sauge-2Caroline nous précise que certaines de ces recettes ont été mises au point avec Stéphane Gérente, chef de l’Auberge du Fauron, à Morestel une adresse à découvrir.

Le dîner est aussi l’occasion d’échanges, de réflexions sur l’homéopathie, la santé, l’alimentation etc.. et pour Isabelle de nous parler de l’Ermitage, kasbah  située dans la palmeraie de Skoura, dans le sud marocain, propriété d’Isabelle et de son époux où se tiennent régulièrement des stages.

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Le prochain stage, une semaine « homéo-paléo »,  aura d’ailleurs lieu du 9 au 16 octobre prochains pour apprendre à se nourrir sainement, l’alimentation paléolithique ou ancestrale étant la mieux adaptée à la physiologie humaine et pour se former ou se perfectionner en homéopathie familiale.

N’hésitez pas à vous renseigner pour consulter le prochain planning des stages. Tentez l’expérience, ça vaut le coup, à tout point de vue : humain, gustatif…Encore merci à Isa pour son accueil et à Caroline pour le partage de ses connaissances.

Renseignements :
L’aventure au coin du bois : www.laventureaucoindubois.org
L’APMH  : www.apmh.asso.fr

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