Restaurant éphémère sur un tournage de film avec Line Renaud, Michel Aumont et Samuel Labarthe

Samuel Labarthe déjeunant avec l'équipe de tournage

Comment, où  et que mangent les comédiens et acteurs sur les tournages de films?

J’ai eu l’occasion de suivre cela il y a quelques jours. Alors que personne n’est sûr, en franchissant la porte d’un restaurant ou d’une brasserie  (sauf dans les grandes maisons) de manger un plat réalisé sur place avec des produits frais, cela m »intéressait de voir l’organisation de ces « cantines » éphémères dressées chaque jour sur les lieux de tournage.

Barnum en cours de montage

Il y a plusieurs semaines que les difficultés pour se garer dans le quartier étaient devenues plus conséquentes pour cause de tournage de film (j’habite dans un quartier XIXème et c’est assez fréquent de voir les camionnettes le long des trottoirs quand ce ne sont pas des portions de rue complètes qui sont interdites à la circulation).

Depuis le 28 février dernier, le réalisateur Denis Malleval (Avocats & associés, Femmes de loi…) est en tournage à Lyon pour France 3. Jusqu’au 30 mars, il tourne la fiction unitaire Fais comme chez toi, dont la diffusion est prévue au cours de la saison 2011 / 2012. Sur le plateau, Line Renaud donne la réplique à Michel Aumont, Samuel Labarthe et Agathe de la Boulaye. La comédienne y incarne Marie-Louise, une vieille femme poussée vers la sortie de son appartement par son fils Fabien. Cette octogénaire n’entend pas se laisser faire, d’autant qu’elle a fait la rencontre d’un homme, un certain André, anarchiste à la retraite…   (copier-coller d’un communiqué)

J’ai eu envie d’aller voir de plus près à quelle sauce étaient mangées nourries les équipes et les vedettes….car à part Line Renaud qui reste dans sa loge, tous les acteurs rejoignent les équipes de tournage pour le repas de midi (certains jour,  c’est le repas du soir qui est à assurer..)

Chaque matin, les équipes se lèvent aux aurores pour être à l’ouverture du fournisseur de produits frais. Le menu se décide en fonction des arrivées du jour (surtout au niveau des poissons).

Les camionnettes s’installent ensuite,

le barnum est dressé et Frédéric et son équipe se mettent en oeuvre : on épluche, on émince, on mixe etc..

tout doit être prêt à partir de 11h mais le service peut être décalé jusque vers 13h30, en fonction des aléas du tournage. Cela s’affine tout au long de la matinée et l’horaire probable de la « coupure déjeuner » est annoncé puis précisé sur simple coup de fil.

La cuisine est installée dans un camion et tout le monde s’affaire (2 personnes en cuisine, une au service) dans cet espace exigu.

Tout est fait sur place.  Passant plusieurs jours de suite, voire à plusieurs heures (j’habite à quelques mètres),  j’ai vu se préparer des brochettes de hampe avec sauce au poivre maison,

des profiterolles de tomates,

Tomates prêtes à être garnies

un filet de loup crème d’ail à l’orange, tartes provençales, gratin dauphinois, des quenelles faites sur place (étant donné leur forme, on n’a pas de doute sur la question…),

salade niçoise,

tarte au citron  (pâte et garniture faites sur place),

crème brûlée vanille..

Quand on sait que certains restaurateurs se contentent d’aller chercher des boîtes,  des plats préparés et les font  réchauffer, on peut à juste titre s’inquiéter, alors qu’en novembre dernier, le «repas gastronomique des Français» faisait son entrée au Patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Certains professionnels d’ailleurs souhaiteraient que sur les cartes des restaurants et brasseries soit spécifié le mode de fabrication des plats, une sorte de label en quelque sorte.

J’ai appris qu’en Belgique, la profession était mieux protégée. Un restaurant ne peut s’ouvrir qu’à condition que  le propriétaire ou  le chef ait une licence (examen portant sur la pratique et la gestion), appelée « accès à la profession ».

Les acteurs et les équipes prennent place sous le barnum et passent commande (soit viande, soit poisson, la garniture étant la même).

Comme dans un restaurant traditionnel, les tables sont numérotées et les assiettes dressées à la dernière minute,

sauf que c’est une trentaine de  personnes qui commandent à peu près en même temps et qui doivent être servies en même temps.

Je remercie Frédéric et son équipe d’avoir gentiment répondu à mes questions et accepté que je prenne des photos ainsi que les régisseurs et attachés de presse de FR3 qui m’ont permis d’approcher les comédiens et les équipes de tournage.

Frédéric, travaille pour la société Vole au vent, basée en Gironde. Depuis sa création, il y a plus de 7 ans, elle a assuré la restauration d’une centaine de films (7/8 par an à Lyon) dont des séries comme Louis la Brocante et est devenue, parait-il,  l’une des meilleures tables de « tournage » de l’hexagone. Son directeur Bertrand Souvay est par ailleurs à la tête d’un restaurant, toujours en Gironde.

17 Comments

  • avril 7, 2011

    CarO'

    Sympa ton article, on apprend les dessous de la restauration en tournage…Bisous à toi !
    CarO’

  • avril 7, 2011

    kitchenette

    Géniale cette belle expérience !! … j’avoue que les dessous d’un tournage m’ont toujours fasciné, comme beaucoup j’imagine .. C’est vrai, on est toujours à se poser mille questions du comment, pourquoi et ainsi de suite .. Alors avoir à porter de ses pas le tournage d’une production, c’est carrément sublime .. Une invitation fort sympathique de leur part pour nous faire partager cet envers du décors qu’ on ne soupçonne guère .. Je pensais plus à des  » plateaux repas » commandés auprès de grands restaurateurs qui livreraient tel des traiteurs .. Merci pour ce partage d’expérience .. Super !!!
    kiki

  • avril 7, 2011

    audelicesdefany

    extraordinaire cet article!
    Merci de nous l’avoir fait découvrir.
    Stéph

  • Un chouette partage cinématographique
    Je te souhaite une excellente journée
    Valéri€

  • avril 7, 2011

    ManueB

    De temps en temps des films sont tournés à Strasbourg, le dernier en date Sherlock Holmes !!! j’ai déjà vu la cantine mais de loin !!

    Et bien, ils mangent de bonnes choses !!!

    manue

  • avril 7, 2011

    Marjorie

    C’est génial ce partage, tu nous permets de découvrir, une face de l’univers du petit écran.

  • avril 7, 2011

    Flo

    Merci de nous dévoiler ces secrets de « cantine » de tournage, je doute qu’aux USA cela soit aussi qualitatif…

  • avril 7, 2011

    poucinette

    merci de ce beau partage !!!! c’est vraiment géniale !!!!

  • Merci de ce partage il est toujours intérressant de connaitre les dessous des tournages et là en l’ occurence les coulisses  » culinaires  »
    Belle journée à toi

  • avril 7, 2011

    colinette

    j’en connais une qui finira par monter les marches … du festival …
    je suis estomaquée en voyant ce que l’on peut faire comme cuisine itinérante…
    Organisation est surement le maitre mot …
    Tu as vu tous ces plats fait sur place ….dingue Quelle maitrise du métier …
    En effet en Belgique il faut l’acces a la profession … que ce soit pour les métiers de bouche …ou pour les coiffeurs, menuisiers, fleuristes etc etc etc.
    Merci dom tu peux rendre l’antenne a Cognac Jay …j’suis pas sure que cela s’écrive comme ca …tant pis …

  • avril 7, 2011

    ansophil

    ben dis donc….çà en fait du travail !…
    ps:merci pr le colis arrivé à bon port….bizz et bonne soirée

  • avril 7, 2011

    michelle

    un trés beau reportage, cuisine faite sur place, de belles assiettes bien appétissantes. bonne soirée

  • avril 7, 2011

    shalimar

    super chouette ton reportage!!! A dire vrai je ne m’étais jamais posée la question de la « cantine » » lors d’un tournage : fort intéressant de ts les cas…

  • avril 7, 2011

    Bonpourlespapilles

    Voilà un bien beau reportage ! France 3 n’a pas proposé de t’embaucher ??? Ils ne savent pas ce qu’ils ratent… Pour notre plus grand bonheur !!!!! 🙂

  • avril 11, 2011

    fanny

    Merci pour ce reportage! C’est toujours très intéressant de voir comment certains pros font un travail de grande qualité dans des conditions pour le moins particulières.

  • avril 12, 2011

    marie

    c’est aussi valable pour des petits tournages d’un à deux jours (film ou pub), des gros evénements qui nécessitent un catering spécifique pour les équipes techniques qui peuvent être très nombreuses : 20, 30, 40 personnes.
    c’est toujours sympa et les intermittents aiment bien pouvoir se poser et souffler avec un vrai repas.

  • avril 26, 2011

    Catherine

    Bonjour Dominique,
    très beau reportage, merci beaucoup.
    J’espère que tu vas bien.
    A bientôt
    Catherine

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